Afrique

Au Rwanda, les médias évitent les sujets sensibles

Au Rwanda, le gouvernement tente publiquement d'influer les politiques éditoriales des médias. Pour éviter de se mettre en danger, ceux-ci n'hésitent pas à s'auto-censurer en limitant la diversité de leurs programmes.

Symbolbild Pressefreiheit in Ruanda - Radio 10 erstes privates Radio in Ruanda (Getty Images/AFP/Gianluigi Guercia)

Au Rwanda, le pouvoir a récemment demandé aux médias locaux de s'engager davantage "dans la résolution des problèmes de la société". En clair : de traiter de sujets positifs et non critiques.

Face à ces demandes insistantes et à des cas de censures déjà mis en place, beaucoup choisissent ainsi d'éviter les sujets sensibles, préférant l'autocensure. C'est ainsi qu'on retrouve de nombreuses émissions sport ou musique sur les différentes radios basées à Kigali. Le public s'habitue à la disparition, ou en tous cas au raccourcissement, des programmes politiques. 

"Un journalisme responsable"

Jean Lambert Gatare, directeur des programmes de Radio Isango Star, une des radios partenaires de la Deutsche Welle au Rwanda, justifie le choix des médias :  "À mon sens ce n'est pas une question de vouloir se réfugier dans des sujets moins importants. Par contre, on pratique un journalisme, je dirais, responsable", estime-t-il.

Selon lui, la société rwandaise serait "un peu traumatisée par les sujets que je pourrais appeler brûlants, de par l'expérience qu'ils ont vécu." 

Mais même si elle n'est pas évoquée directement, la question de l'autocensure est dans toutes les têtes. Les journalistes avouent avoir peur d'aborder certains sujets sensibles comprenant des avis critiques sur le pouvoir en place. 

Ceux qui s'y risquent disent avoir été placés sur une "liste noire" par certains propriétaires de stations de radio ou de télévision. 

"Cela m'est arrivé déjà six fois d'être invité dans une émission et à la dernière minute, on me dit que ça a changé", témoigne Ntwari John Williams, journaliste. "Le journaliste m'appelle ensuite pour me dire : on nous a dit que vous étiez tellement dangereux qu'on ne pouvait pas vous permettre de dire quelque chose sur nos ondes."   

Karte Infografik Pressefreiheit weltweit 2016 ENG

Carte de la liberté de la presse dans le monde en 2016. Plus les couleurs sont clairs, plus les journalistes peuvent travailler dans de bonnes conditions. Le Rwanda est 159ème sur 108 en 2017, selon Reporters sans frontières.

 

Règne de la censure et l’autocensure


Pour la Commission des médias au Rwanda, en revanche, il est faux de dire que les médias sont muselés, vu l'effort fourni par l'Etat pour promouvoir le droit d'expression. 

"J'ai par exemple vu des articles sur un sujet qu'on peut qualifier de sensible. Quand il y avait une perquisition dans le domicile de Rwigara. Si on n'est pas satisfait c'est peut être qu'on aimerait entendre autre chose dans la bouche des journalistes", glisse Cléophas Barore, présidente de la Commission  des médias. 

Différentes personnalités politiques du Rwanda ont souvent qualifié de "biaisés" les rapports de Reporters Sans Frontières qui estiment, année après année, qu'il n'y a pas d'évolution positive des médias du pays.

Pour qualifier le Rwanda, l'association de journalistes parle souvent du pays où "règnent la censure et l’autocensure". 

  

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