Afrique

Casamance, l'exploitation du zircon fait polémique

En Casamance, un projet d'exploitation du zircon, un minéral utilisé pour fabriquer des bijoux, suscite la colère des habitants qui redoutent la pollution autour du site d'exploitation.

Kongo Mine in Lubumbashi (Getty Images/AFP/F. Scoppa)

Les populations des villages, situées au Nord-ouest de la Casamance, s'opposent ainsi au projet d'exploitation du zircon, prévu dans une zone maritime protégée. Outre la population, le projet irrite aussi les rebelles du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance. Les responsables de la société australienne Astron, détentrice du permis d'exploitation de cette ressource minière, sont déclarés persona non gratta dans la zone. 

"La santé et l'habitat en danger"

Selon Ousmane Sané, le coordonnateur du comité de protestation des riverains, la mise en œuvre de ce projet mettra en danger la santé et l'habitat des populations d'une cinquantaine de villages.

"Ce sont des villages qui vont disparaître. A l'ouest vous avez une forêt de mangroves et vous avez l'océan Atlantique", explique-t-il. "Nous savons que la montée des eaux est un phénomène mondial. Cette dune est une digue naturelle. Si jamais on l'exploite pour extraire environ 5.000 tonnes de zircon par an, ça va précipiter l'avancée de la mer, l'avancée de l'eau salée dans les rizières, dans les plantations, dans les habitations. C'est pourquoi nous ne voulons pas de ce projet."

Des associations comme ''La Casamance, j'y suis, j'y reste et j'y investis'' sont aussi montées au créneau pour soutenir la lutte des populations concernées. 

Elisabeth Ba, présidente de cette association explique que sa structure est opposée à tout ce qui nuit à la vie des populations. "Si cela constitue un réel danger, nous disons non catégoriquement", explique-t-elle.

Freeport Mine Indonesien (Getty Images/AFP/O.Rondonuwu)

La population s'inquiéte de l'impact de l'exploitation sur l'environnement même si Astron rassure

Astron tente de rassurer

Interpellé sur le sujet, Ibrahima Diaw, représentant de la société Astron, soutient que le plan d'extraction n'entraînera pas une catastrophe environnementale. 
"La dune ne va pas disparaître parce que la moitié de la dune qui est du coté de la mangrove sera préservée pour constituer une zone tampon et ne pas fragiliser la mangrove", explique-t-il. "Et donc la mangrove ne bougera pas, on n'y touchera pas. Il n'y a pas de raison de parler de disparition de la dune."

Enfin, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), qui revendique l'indépendance de cette partie du Sénégal, a récemment publié un communiqué pour marquer son opposition à ce projet qui, selon ce mouvement, remet en cause les accords conclus avec l'Etat du Sénégal, interdisant provisoirement toute exploitation des ressources minières en Casamance. 

Un collectif d'intellectuels casamançais dont des parlementaires, soutenus par des organisations internationales, a lancé une campagne pour faire annuler le projet. 
 

Audios et vidéos sur le sujet

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