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Au Mali, les mosquées restent ouvertes malgré le coronavirus

Mahamadou Kane
30 avril 2020

Dans un pays à plus de 95% de musulmans, les autorités ont laissé le choix aux leaders religieux de la fermeture ou non des mosquées. Mais avec le début du ramadan, la question revient dans les débats publics.

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Imam Mahmoud Dicko, le 12 août à Bamako, lors d'un rassemblement de ses fidèles dans la capitale malienne.
Imam Mahmoud Dicko, le 12 août 2012 à Bamako, lors d'un rassemblement de ses fidèles dans la capitale malienne.Image : Getty Images/AFP/H. Kouyate

Depuis quelques jours, la pression se fait plus forte sur les réseaux sociaux à travers certains internautes qui exigent la fermeture des mosquées pour préserver la santé des fidèles et globalement de la population. 

Les journaux maliens s'intérressent aussi aux  activités des terroristes.
Les journaux maliens s'intérressent aussi aux activités des terroristes.Image : AP

La semaine dernière, certains medias locaux avaient même mis à leur Une : les mosquées désormais atteintes par le coronavirus.

Une information très vite démentie par les leaders religieux qui crient à l’acharnement. 

L’influence des religieux expliquerait pourquoi le gouvernement n’a pas décidé de fermer les mosquées, selon Abdoulaye Guindo, journaliste-bloggeur sur la plateforme Benbere. 

‘’Au Mali, les politiciens s’appuient aujourd’hui sur les religieux pour accéder au pouvoir. Ils battent campagne dans les mosquées et dans les lieux de culte. Ce qui fait que le religieux a occupé une certaine place, il fait peur. Il est le seul à mobiliser des centaines de milliers de personnes pour faire trembler la République. C’est donc dans cette logique qu’ils n’ont pas pris la décision de fermer les mosquées. Or, les mosquées sont des lieux potentiels de transmission du coronavirus. Maintenant, les autorités ont peur de voir retourner la foudre des religieux. Comme d’habitude, ils ont peur d’eux.’’

Le Mali fait exception à la règle

Dans la plupart des pays musulmans, ce sont les conseils des ulémas ou les leaders religieux qui ont décidé de la fermeture des mosquées en raison de la pandémie. 

Des membres d'un bureau de vote le 29 mars 2020.
Des membres d'un bureau de vote le 29 mars 2020.Image : Getty Images/AFP/M. Cattani

Au Mali, le très influent imam Mahmoud Dicko avait ainsi prévenu les autorités maliennes sur le fait qu’on ne peut pas maintenir les élections législatives du 29 mars et du 19 avril  et demander en même temps aux imams de fermer les mosquées pour limiter la propagation du virus dans le pays. 

>>>>>>Maintien du second tour des législatives au Mali, malgré les critiques

Baba Dakono est chercheur à l’Institut d’études et de sécurité (ISS) au bureau régional basé à Bamako.

Il estime que "les leaders religieux ont un poids social très important dans le pays. Ce sont des acteurs très influents, c’est pourquoi l’Etat du Mali préfère s’aligner derrière une voix d’une autorité religieuse du pays plutôt que d’imposer une décision à ces leaders religieux, surtout que nous sommes depuis quelques années dans un contexte d’Etat fragile. Un Etat qui est en proie à de multiples tensions, des tensions sociales notamment’’, explique Baba Dakono. 

Mais face à la sensibilité du sujet, certains imams de la capitale malienne ont décidé de leur propre gré de fermer leurs mosquées jusqu’à nouvel ordre. 

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