1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

"Ces enfants, nos survivants"

Claire-Marie Kostmann22 juillet 2016

Les journaux allemands s'intéressent cette semaine à la 21ème conférence internationale sur le sida qui se tient en Afrique du Sud mais aussi au plus ancien journal de langue allemande en Afrique qui fête son centenaire.

https://p.dw.com/p/1JUOr
Le sida est la première cause de mortalité des 10-19 ans en Afrique.
Le sida est la première cause de mortalité des 10-19 ans en Afrique.Image : UNMIL Photo/Staton Winter

"Ces enfants sont nos survivants", titre la Süddeutsche Zeitung, qui raconte le quotidien d'Andile, une jeune Sud-Africaine. À l'âge de 15 ans, elle découvre qu'elle est séropositive comme sa mère et son frère. Aujourd'hui âgée de 21 ans, elle rêve de découvrir Paris, les États-Unis et d'étudier le journalisme sportif. La jeune femme a eu de la chance, explique son médecin: elle a pu bénéficier de médicaments anti-rétroviraux dès le diagnostic de sa maladie, permettant de protéger son système immunitaire.

Aujourd'hui, plus de 3 millions de Sud-Africains atteints par le virus du sida obtiennent gratuitement des médicaments. C'est le programme le plus important de ce genre dans le monde, note le journal. Ces médicaments peuvent faire augmenter l'espérance de vie de onze années. Le pays a réformé son système de santé: les mères et les nourrissons sont testés dans les salles d'accouchement.

Les malades stigmatisés

Et pourtant, la région du KwaZulu-Natal, autour de Durban, est considérée comme l'épicentre de l'épidémie VIH en Afrique du Sud: environ un habitant sur trois est porteur du virus. La stigmatisation des malades reste forte, poursuit la Süddeutsche Zeitung. Andile n'a rien dit à ses copines - car ce sont des vraies commères - mais elle a parlé de sa maladie à son petit ami. Qui lui a répondu qu'elle était la première femme qui lui disait la vérité.

Les financements des médicaments contre le sida restent problématiques.
Les financements des médicaments contre le sida restent problématiques.Image : picture-alliance/dpa/DW

La Berliner Zeitung s'intéresse, elle, aux avancées dans le pays. Le journal assure qu'en Afrique du Sud en 2004, 700 000 nouveaux-nés arrivaient au monde avec le virus - ils étaient moins de 6000 en 2015. À Durban, les délégués ont plaidé pour un meilleur accès aux anti-rétroviraux. Ce qui va dans le sens de l'objectif de l'ONU, explique la Berliner Zeitung: qu'en 2020, 90% des personnes infectées par le VIH reçoivent un traitement de ce type. Car le but est d'en finir avec l'épidémie d'ici à 2030, rappelle le quotiden Neues Deutschland. Qui souligne qu'actuellement, le virus est la première cause de mortalité des adolescents en Afrique.

Le 22 juillet 1916 paraissait l'Allgemeine Zeitung

En Namibie se trouve le plus vieux journal en langue allemande, qui fête ses 100 ans. Il s'agit de l'Allgemeine Zeitung, basé à Windhoek depuis 1916, raconte la Berliner Zeitung. Le 22 Juillet 1916 paraissait le premier numéro, qui évoquait le discours de l'empereur allemand à propos de la bataille du Jutland. Aujourd'hui, il existe encore 15 000 locuteurs allemands en Namibie - ancienne colonie allemande, souligne son homologue berlinois. "Nous sommes un journal namibien de langue allemande" fait remarquer son rédacteur en chef: dans ses pages, il est plus question de la terrible sécheresse qui frappe la Namibie, de la pauvreté ou du racisme que des derniers débats qui agitent la République fédérale.

L'Allgemeine Zeitung se décrit comme un journal namibien en langue allemande.
L'Allgemeine Zeitung se décrit comme un journal namibien en langue allemande.Image : picture-alliance/ dpa

Le journal emploie 15 personnes et ne publie plus que 4000 exemplaires quotidiens. Distribuer ce quotidien coûte deux fois et demi plus cher qu'en Allemagne! "La Allgemeine Zeitung compte 20 abonnés à Lüderitz, à 860 km de la capitale, explique le rédacteur en chef. Et cinq fois par semaine, le livreur fait ce trajet aller-retour! Économiquement cela est complètement fou!" À voir si le journal fêtera son bicentenaire.