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Christian Wulff reste président

22 décembre 2011

Accusé d'être un peu trop proche d'industriels allemands au porte-monnaie bien garni, le président de la République fédérale s'est exprimé, pour la première fois depuis le début de l'affaire, devant la presse.

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Chrisitan Wulff a succédé à Horst Köhler qui a démissionné en mai 2010
Chrisitan Wulff a succédé à Horst Köhler qui a démissionné en mai 2010Image : dapd

Le scandale a pourtant éclaté il y a une dizaine de jours mais jusqu'ici c'est toujours l'avocat du président qui avait pris la parole. Pour rappel, l'affaire a commencé par des révélations concernant un prêt généreux souscrit certes à titre personnel mais à propos duquel Christian Wulff est accusé d'avoir menti à des parlementaires. Et puis il est aussi question de vacances passées dans des propriétés appartenant à des hommes d'affaire ou d'une coquette somme d'argent généreusement offerte pour faire la publicité de l'un de ses livres. L'ironie du sort veut que l'ouvrage en question - publié en 2007 -  s'intitule "Il vaut mieux dire la vérité".


Jeudi après-midi, Christian Wulff a donc présenté ses excuses mais pas sa démission. Extrait de son intervention :
« Mes amitiés personnelles comptent beaucoup pour moi, en particulier du point de vue humain. Mais, à aucun moment, elles n'ont influencé mon travail. Mesdames messieurs, je connais ma responsabilité en tant que président de la République fédérale d'Allemagne. Je continuerai à assumer ma fonction et ce d'autant plus que de gros défis nous attendent en Europe et dans le monde ».

Christian Wulff s'est notamment vu reprocher un prêt de 500.000 euros obtenu auprès de l'épouse d'un riche entrepreneur allemand pour construire sa maison de famille
Christian Wulff s'est notamment vu reprocher un prêt de 500.000 euros obtenu auprès de l'épouse d'un riche entrepreneur allemand pour construire sa maison de familleImage : picture-alliance/dpa

Les réactions à l'intervention du président sont comme on pouvait s'y attendre variées. Angela Merkel qui se sait elle-même fragilisée par le scandale s'est montrée prudente. "Les mots de Christian Wulff parlent d'eux-même. Il n'y a rien à ajouter", a déclaré la chancellerie. Du côté du parti libéral - parti qui gouverne avec les conservateurs d'Angela Merkel - on se dit soulagé. Pour ce qui est de l'opposition, la prise de parole du président arrive trop tard ou n'est pas assez explicite. Les Verts estiment ainsi que monsieur Wulff s'est borné à répéter ce que tout le monde savait déjà. Bref, on ne peut pas dire que son intervention ait fait l'unanimité et la lenteur avec laquelle le président a réagi a sans aucun doute porté préjudice à sa fonction. Celle-ci n'est certes qu'honorifique mais elle ne saurait dispenser le président d'être irréprochable.

Auteur : Konstanze von Kotze
Edition : Sébastien Martineau