Des malades tués dans l'incendie d'un hôpital au Cameroun

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18.02.2019

'Ma mère était calcinée' (Clarissse, 17 ans) - MP3-Stereo

La ville de Kumba, au Cameroun anglophone, émaillée de nouvelles violences. Les proches et rescapés de l'incendie de l'hôpital sont encore sous le choc.

Un hôpital incendié avec des malades la semaine dernière, des populations prises entre les tirs des forces républicaines et des forces séparatistes, de nombreuses journées villes mortes... Les régions anglophones du Cameroun connaissent un nouveau cycle de violence.

Le point de la situation à Kumba, la ville qui a été la plus touchée ces derniers temps.

Regain de violences

Clarisse, 17 ans, a vu le corps calciné de sa maman après avoir elle-même échappé aux flammes :

"Elle était diabétique. Nous l'avons amenée à l'hôpital. Et cette nuit-là vers une heure nous avons entendu les gens crier. Nous avons vu qu'il y avait un incendie. Alors j'ai essayé de tirer ma maman hors de l'hôpital. Elle pesait trop. Je me suis battu pour me sauver d'abord. Je suis allé un peu plus loin. Mais en revenant, j'ai découvert que ma mère était calcinée."

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Ce témoignage de la jeune rescapée illustre l'ampleur de la violence dans les zones anglophones du Cameroun.

Cette violence s'est accentuée durant les dix jours de villes mortes imposées par les forces séparatistes.

Traumatisme

Richard Mbomi et sa famille, comme les autres habitants, sont alors restés terrés à la maison pendant tout ce temps, sans vivres :

"Nous entendions les coups de feu partout. Les gens étaient tués. Je ne pouvais pas sortir de ma maison. Lorsque je pense à Bolè Bakoumdou, je peux parler de massacre. Plus de vingt jeunes gens ont été tués. Je dirais que mes enfants pleuraient à cause de la famine. J'ajouterais que je dois encore me guérir du traumatisme que nous avons subi. Nous avons encore à guérir parce que jusqu'à présent, nous n'avons pas de nourriture, parce qu'il n'y a plus d'argent."

Les autorités accusent les séparatistes

Les dix jours de blocus ayant pris fin vendredi dernier, Clarisse, désormais orpheline, recherchait pendant le week-end comment retrouver la forêt pour se cacher :

"Il n'y a pas de sécurité. Mais je n'ai pas de choix. Je dois retourner retrouver certains membres de ma famille qui pourront m'aider là-bas. Nous vivons dans la forêt. Et nous sommes nombreux. Je ne suis pas la seule victime."

A Kumba comme à Yaoundé, les autorités gouvernementales accusent les séparatistes d'avoir brûlé l'hôpital avec les malades, tandis que certains habitants se demandent encore comment des assaillants ont pu ainsi opérer au nez des forces républicaines.


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