Forte mobilisation des zones rurales pour les prochains scrutins au Cameroun

Après l'élection présidentielle, l'inscription sur les listes électorales est rouverte pour les législatives prévues en octobre. La mobilisation est nettement plus marquée dans les zones rurales.

A Mfou, banlieue de la ville de Yaoundé, Pierre Mahop tout comme de nombreux jeunes Camerounais qui ne se sont pas inscrits pour les présidentielles veulent désormais corriger leur erreur.

"Lors de la dernière présidentielle, on s'est dit que c'était déjà acquis, compte tenu de ce que Paul Biya a comme lieutenants sur le terrain. Mais maintenant, pour montrer que nous sommes de véritables acteurs politiques, nous nous inscrivons. Les gens sont mobilisés pour les législatives et municipales, ce n'est qu'ainsi que nous pouvons nous exprimer et damer le pion au RDPC, le parti au pouvoir", dit Pierre Mahop déterminer.

Cette mobilisation peut donc s’analyser comme une session de rattrapage pour certains électeurs. D'autant plus que cette année 2019 s'annonce tout aussi importante sur le plan électoral.

Les jeunes déterminés

Les élections des députés et des maires, reportées l'an dernier, sont très attendues et de nombreux électeurs ne veulent pas laisser passer cette occasion de s'exprimer.

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C'est de là que viendra le changement, estime Simeon Mvomo.

"Kamto et Cabral Libii ont fait que la politique entre dans notre cœur. C'est pour ça que je vais m'inscrire et inscrire mes enfants qui sont revenus de Yaoundé et m'aident à faire ici au village."

Geoffroy, anglophone vivant à Mfou pense aussi la même chose.

"On s'inscrit parce que les choses doivent changer. On veut le changement. Les législatives et municipales ne vont pas nous échapper."

Elecam compte mobiliser plus

Erik Essousse, le directeur général d'Elecam, la Commission électorale, déclare être optimiste concernant le nombre d'électeurs qui devraient pouvoir s'inscrire. 

"Nous sommes déjà à 6,6 millions d'électeurs. Notre objectif est d'atteindre 10 millions. Donc nous allons intensifier les inscriptions pour arriver à nos fins."

La révision du fichier électoral, qui a officiellement débuté le 2 janvier, se termine le 31 août.

La reprise des inscriptions est toutefois marquée par l’absence des principaux partis d’opposition qui ont décidé de ne pas participer aux commissions locales chargées de la révision du fichier électoral.