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Jean-Pierre Bemba : et maintenant ?

25 août 2018

C'est le scénario que beaucoup d'observateurs craignaient en RDC. La CENI a finalement jugé "irrecevable" la candidature de Jean-Pierre Bemba à la présidentielle, pour subornation de témoins devant la CPI.

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DR Kongo Jean-Pierre Bemba
Image : Getty Images/AFP/P. Mulongo

En RCD, c’est un nouveau feuilleton qui s’ouvre dans la course à la présidentielle. La commission électorale nationale indépendante (CENI) a recalé le dossier de candidature de Jean-Pierre Bemba, qu’elle juge "non recevable" suite à la condamnation de M. Bemba par la CPI à un an de prison et au paiement de 300 000 euros pour subornation des témoins", alors que les avocats du leader du MLC ont introduit une requête auprès de la CPI demandant l'abandon des charges à l'encontre de leur client, qui a passé dix ans derrière les barreaux.

Jean-Pierre Bemba et la CPI

L'ex-chef de guerre qui a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) des chefs d'accusation de crimes de guerre et crimes contre l'humanité est toujours poursuivi dans une affaire annexe de subornation de témoins. Mais la CPI a demandé à sa première chambre d’instance de réexaminer le dossier de M. Bemba. N'empêche, la décision rendue publique par la commission électorale congolaise empêche pour l'instant l'ancien vice président de la RDC de participer aux élections générales - dont la présidentielle - prévues le 23 décembre.

Le parti de Jean-Pierre Bemba, le mouvement de libération du Congo, MLC, dénonce l'invalidation de la candidature de son candidat la qualifiant d'"un énième affront de la part du pouvoir de Kinshasa qui tient à imposer ses élections, ses candidats et ses résultats".

 Un coup d’arrêt pour Bemba ?

L'irruption inattendue de M. Bemba sur l'échiquier politique congolais avait pourtant mis fin à la bipolarisation du climat politique que se partageaient la mouvance présidentielle et l'opposition incarnée par le Rassemblement. 

Le "phénomène Bemba" a même donné un nouveau souffle à un processus électoral jusque là plombé par les dissensions internes et le refus du président sortant de céder son fauteuil.

Un engouement qui n’a cependant pas fait oublier les exactions commises par les hommes de l'ancien seigneur de guerre congolais, avait confié à la DW Dominique Kamuandu, juriste et défenseur des droits de l'homme : "Il y a de lourdes présomptions qui pèsent sur ces hommes ou sur lui-même mais au-delà de cela, il est difficile de prendre une position tranchée. Les personnes qui ont vécu dans les provinces sous l'emprise du MLC apprécieraient les choses différemment des gens qui étaient loin de tout cela." 

La mise en garde de l’opposition

L’opposition congolaise avait mis en garde la commission électorale et la cour constitutionnelle de ne pas "invalider des candidatures des opposants dont celle du sénateur Jean-Pierre Bemba notamment".  

Dans un communiqué signé par M. Bemba, l'opposant en exil Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi, l'opposition exige "que monsieur Kabila et sa famille politique libèrent le processus électoral, en arrêtant de donner des injonctions à la commission électorale".

Au total, la commission électorale a écarté six candidats sur les 25 qui avaient déposé leur dossier à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre. Parmi lesquels figurent également les candidatures de trois anciens premiers ministres de Joseph Kabila. Il s'agit de Samy Badibanga, Adolphe Muzito et Antoine Gizema. 

Les six candidats écartés peuvent saisir la cour constitutionnelle dans les 48 heures. La commission électorale doit publier la liste définitive – après recours – des candidats le 19 septembre.