Juan Guaido dénonce un "génocide silencieux" au Vénézuela

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12.02.2019

"Ce régime n'a pas protégé le droit à la vie des personnes"

Dans une interview exclusive accordée à la Deutsche Welle, le président autoproclamé du Vénézuela a appelé les forces armées de son pays à laisser entrer l'aide humanitaire américaine.

L'opposition vénézuélienne menée par Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, est descendue une nouvelle fois mardi (12.02) dans la rue pour demander à l'armée de laisser entrer l'aide humanitaire américaine.  


"Nous voulons faire appel à la conscience des forces armées pour leur dire de choisir le côté constitutionnel. Nous avons aussi été très clair avec les militaires pour leur demander de laisser entrer l'aide humanitaire - et quiconque la bloque sera jugé pour violations des droits de l'homme. Ce qui se passe au Venezuela pourrait être considéré comme un génocide silencieux quand on voit les centaines de milliers de personnes qui sont mortes en raison  d'une pénurie de nourriture et de médicaments. Et ce régime n'a pas protégé le droit à la vie de ces personnes. Ce régime est responsable des décès directs - et des décès indirects, car ils ne font rien pour résoudre la crise alimentaire et sanitaire", a déclaré Juan Guaido, 35 ans, dans une interview exclusive accordée à la Deutsche Welle. 

Plusieurs tonnes de nourriture et de médicaments venant des Etats-Unis sont d'ores et déjà stockés dans des entrepôts en Colombie, à la frontière avec le Venezuela. 

Il a aussi indiqué que 120.000 personnes s'étaient portées volontaires depuis le week-end pour participer à l'acheminement de l'aide.

Mais des militaires vénézuéliens bloquent le pont Tienditas, qui assure la liaison entre Cucuta (Colombie) et Ureña (Venezuela), dans l'État frontalier de Tachira, où l'armée a renforcé sa présence. 

Cette crise intervient en pleine débâcle économique du pays, accablé de pénuries de vivres et de médicaments. Plus de 2,3 millions de Vénézuéliens (7% de la population) ont fui le pays depuis 2015, selon l'ONU. 
 

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