Julius Nyerere : l'infatigable leader africain

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01.02.2018

Nyerere, le portrait audio

Panafricain convaincu, Nyerere conduira le Tanganyika à l'indépendance avant de l'unifier avec Zanzibar pour former la Tanzanie.

Julius Nyerere est né au Tanganyika, qui deviendra plus tard la Tanzanie, en 1922. Il étudie d'abord à l'université Makerere en Ouganda avant de partir à Edinbourg, en Grande-Bretagne, où il étudiera l'histoire et l'économie. Julius Nyerere meurt à Londres en 1999. Pan-africain convaincu, il luttera pour l'indépendance du Tanganyika avant de l'unifier avec Zanzibar pour former la Tanzanie. Malgré des défauts, sa politique de développement économique et sociale Ujamaa reste considéré comme celle qui a donné son identité nationale à la Tanzanie.

Unité africaine

Julius Nyerere est connu pour son surnom swahili "Mwalimu" qui signifie "professeur". Il enseignera la biologie et l'anglais pendant trois ans avant de mener le Tanganyika à l'indépendance et de devenir le premier président de la Tanzanie unie. On se souvient également de son inconditionnelle passion pour l'unité de l'Afrique. En opposition au Ghanéen Kwame Nkrumah, il opte cependant d'abord pour une union régionale de l'Afrique de l'Est, alors que Nkrumah plaide pour une union complète de toute l'Afrique directement. Ils dirigeront conjointement l'Organisation de l'unité africaine. Après avoir obtenu l'indépendance de son pays, Nyerere continuera son combat pan-africain en accueillant et en supportant les rébellions armées du Mozambique, d'Afrique du Sud, de Namibie, et d'autres. Nyerere est aussi connu pour ses traductions de William Shakespeare en Swahili.

Ses idées

Julius Nyerere ne prendra pas position dans la guerre froide. Lorsque la République fédérale d'Allemagne (RFA, ex-Allemagne de l'Ouest), lui demandera de couper ses liens avec la République démocratique allemande (RDA, ex-Allemagne de l'Est), Nyerere refusera, au risque de perdre l'aide au développement allemande, insistant sur la souveraineté de la Tanzanie. Il dira que son pays "n'accepte pas une aide sous conditions".

Des critiques contre lui

On lui reproche de réprimer les opinions dissidentes, d'abandonner les autres combattants pour la liberté et de ramener tous les succès à lui. Il est aussi soupçonné d'avoir été contre l'influence des leaders islamiques en Tanzanie. Mais surtout, sa politique de socialisme africain Ujamma n'a pas eu les succès escomptés pour l'économie tanzanienne. Julius Nyerere se retirera en 1985, laissant la place à des ajustements économiques structurels.

Dossier thématique

La politique Ujamaa

Tansania Maria Nyerere, veuve de Julius Nyerere, en mai 2017.

Fort de son expérience de fils d'une famille nombreuse et de son immersion dans le mouvement de pensée socialiste de la "Fabian Society" britannique, Nyerere développera un système de socialisme africain en essayant de le connecter au mode de vie communautaire africain. Le nom Ujamaa vient du terme Swahili "famille". Il sera en contact étroit avec Jomo Kenyatta du Kenya et beaucoup de choses seront mises en place pour laisser Kenyatta devenir le leader de l'Est africain. Il a même proposé de retarder l'indépendance du Tanganyika, attendant l'indépendance des trois autres pays est-africains, dans l'espoir de les unifier. Ceux-ci le laisseront finalement tomber mais cela ne découragera pas Julius Nyerere. Il concentrera ses efforts pour l'union des multiples groupes ethniques de Tanzanie, en introduisant, par exemple, le Swahili comme langue nationale.

Des citations célèbres

"Uhuru na kazi" qui signifie "Liberté et travail"

"Aucune nation n'est en droit de prendre des décisions pour une autre ; aucune personne pour d'autres personnes"

"L'unité ne nous rendra pas riche, mais elle rendra plus difficile la méprise et l'humiliation du peuple africain"

"L'éducation n'est pas un moyen d'échapper à la pauvreté, c'est un moyen de la combattre."

"Si un réel développement doit avoir lieu, les gens doivent être impliqués."

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James Muhando, Hawa Bihoga et Gwendolin Hilse ont contribué à ce récit, qui fait partie de la série "Racines d'Afrique". Une série lancée début 2018 par la Deutsche Welle, en coopération avec la fondation Gerda Henkel.

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