La bataille pour les mines d’or continue au nord du Tchad

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03.12.2018

"Nous sommes obligés de nous cacher"... (Comité d'auto déf...

Le pouvoir est accusé d'intensifier sa lutte et de chasser par la force les habitants dans une zone aurifère de la région de Tibesti.

Des photos publiés sur le compte twitter du Comité d'auto-défense de Miski montrent des hélicoptères de l'armée tchadienne pour prouver que les attaques aériennes se poursuivent.

Contacté par la DW, le porte parole du gouvernement tchadien Oumar Yaya Hissein, a néanmoins démenti ce type d’attaque.

Au coeur du conflit se trouvent des mines d'or découvertes dans la région de Tibesti, au nord du pays. Ceux qui soutiennent le peuple de Miski affirment que le pouvoir de N'Djamena chercherait à établir un contrôle total sur ces mines.

Pour le Colonel Rozi Lasso, ancien officier de l'armée tchadienne et désormais un des chefs du comité d'auto-défense, « le gouvernement ne veut pas que les habitants de Miski exploitent l'or. Ils ont donc tué beaucoup de personnes civiles. Les survivants se sont cachés dans des grottes. Pourtant, nous ne sommes pas des rebelles, pas des fuyards. Nous ne faisons que de nous défendre. Toute la région est minée. Nous sommes obligés de nous cacher sur place. »

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De son côté, le gouvernement reconnaît avoir fait usage de "l'exercice de la puissance publique" pour déloger les habitants de ces mines.

Cet usage de la force est contre productif, selon Charfadine Galmache, porte-parole du Comité d'auto-défense de Miski. « Si le gouvernement veut exploiter l'or, explique M. Galmache, il ne faut pas envoyer l'armée. On ne chasse pas les gens, on ne les déplace pas. Cela se passe dans un cadre juridique, environnemental et politique qui doit entourer cette exploitation. On ne ferme aucune porte. Le dialogue, c'est la meilleure alternative. La guerre ne résout rien. Les gens sont prêts à descendre du maquis. Si le gouvernement est dans cette optique, les gens sont prêts à négocier dès demain. »

Le conflit dans la province du Tibesti devient de plus en plus complexe. Les forces gouvernementales sont désormais contraintes d'affronter deux groupes à la fois : le Comité d'auto-défense de Miski, mais aussi la rébellion dite Conseil du commandement militaire pour le salut de la République (CCSMR).