La tension ne faiblit pas entre Washington et Téhéran

La presse allemande s’intéresse ce mardi notamment aux tensions grandissantes entre l’Iran et les Etats-Unis.

Cette tension a pris une nouvelle tournure depuis le tir d'une roquette dimanche sur la Zone verte à Bagdad, où siège entre autres l'ambassade des Etats-Unis. Même si ce tir n’a pas été revendiqué, la Frankfurter Allgemeine Zeitung y voit un coup de Téhéran qui est en lien avec des groupes armés irakiens qui lui sont favorables. 

Avant ce tir de roquette, rappelle le journal de Francfort, "des unités iraniennes avaient attaqué des pétroliers à l'extérieur du détroit d'Hormuz et un drone de combat avait endommagé une usine pétrolière saoudienne". 

Ces attaques, probablement des Gardiens de la Révolution, n’ont pas causé de dégâts majeurs. "Le but des Iraniens, poursuit la Frankfuter Allgemeine Zeitung,  est de provoquer les Américains et les Saoudiens avec des coups mineurs". 

Cependant, si les menaces et les invectives fusent entre Washington et Téhéran, les deux capitales ne cessent d'affirmer qu'elles ne veulent pas la guerre. 

"Le guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé via la télévision d'Etat qu'il n'y aurait pas de guerre avec les États-Unis, car ils comprenaient que la guerre n'était pas dans leur intérêt. Et le président américain, de son côté, a déclaré qu'il ne voulait pas entrer en guerre avec la République islamique", constate la Süddeutsche Zeitung. 

Cette rhétorique s’explique, selon le quotidien de Munich : "D’un côté, Ali Khamenei s'adresse au public iranien, qui est de plus en plus critique à l'égard de la politique régionale agressive du régime. Quant à Donald Trump, c’est une manière pour lui de faire taire les critiques selon lesquelles son conseiller à la sécurité, John Bolton, le conduirait aveuglement vers une guerre".  

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Pour Die Welt, le haussement de ton est avant tout une question de psychologie visant à montrer à l’adversaire la sincérité de la menace. "Mais", prévient le journal, "si les Iraniens irritent trop Trump avec des attaques irréfléchies, il peut être contraint de concrétiser sa menace". 

L'Ibiza Gate 

Une autre sujet dans la presse allemande : l’Ibiza Gate, impliquant le vice-chancelier autrichien filmé à Ibiza dans des tractations financières douteuses. 

La Kölner Stadt Anzeiger s’interroge sur le temps mis pour que la vidéo soit publiée. "Il y a de fortes chances que ceux qui ont piégé Strache aient eu des motivations qui n'étaient pas nécessairement les plus nobles", martèle le journal colonais dans l'Ouest de l'Allemagne. 

Le chancelier Kurz sera confronté lundi à une motion de censure.

Le chancelier autrichien a limogé son ministre de l’Intérieur dans la foulée de l’affaire. Pour la Süddeutsche Zeitung, Herbert Kickl n’aurait jamais dû être nommé à ce poste, un homme qui a déjà et a déclaré que"le droit devait suivre la politique et non l'inverse". 
 

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