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Tchad : appels à une transition civile

21 avril 2021

La société civile, des syndicats et la diaspora tchadienne récusent le Conseil militaire de transition et rejettent la prise du pouvoir par le fils Déby.

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Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de transition
Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de transitionImage : Presidency of the Republic of Chad

Dès l’annonce du Conseil militaire de transition (CMT) mardi (20.04), une vingtaine de représentants de la diaspora de plusieurs pays d'Afrique, en Europe aux Etats-Unis et au Canada, ont dénoncé une prise du pouvoir par le CMT qu'elles ont qualifié de "coup de force militaire".

Ainsi, le Groupe d’action pour l’alternance au Tchad, le Graal, basé au Canada appelle à une transition conformément aux exigences de la Constitution en vigueur. Le Graal ne reconnaît donc pas l’organe de transition mis en place par les officiers supérieurs de l'armée qu’il qualifie de "groupe d'imposteurs issus d'une armée, de surcroît clanique".

"Nous n'avons pas affaire à une armée républicaine en mission de protéger les institutions ou de garantir la continuité du pays sur le plan sécuritaire. Nous voulons une transition qui rentre dans les exigences des textes de loi. Une transition civile n'exclut pas le rôle du militaire", ajoute Joe Al Kongarena, porte-parole du Graal.

Les militaires proposent une transition de 18 mois
Les militaires proposent une transition de 18 moisImage : Renaud Masbeye Boybeye/AFP/Getty Images

Lire aussi ►L’opposition tchadienne dit non à une transition militaire

La société civile doit parler d'une seule voix

L’avocate et militante tchadienne, Delphine Kemneloum Djiraibé, estime pour sa part que le Tchad n'a pas besoin d'une transition militaire qui s'inscrirait dans la continuité du régime déchu.

"La transition que nous réclamons est une transition civile et non militaire. Nous rejetons énergiquement la dévolution monarchique du pouvoir. La société civile doit se mobiliser et parler d'une seule voix pour se faire entendre et pour faire entendre la voix de la population", appelle Delphine Kemneloum Djiraibé.

Elle estime qu'"une concertation rapide des acteurs de la vie publique pourrait permettre que des personnalités propres et intègres avec un casier judiciaire réellement vierge puissent être identifiées pour gérer la transition. Le profil de cette personnalité fera également l'objet d'un consensus".

Appel à un arrêt de travail

L’Union des syndicats du Tchad a demandé aux travailleurs d'observer un arrêt de travail jusqu'à ce que la situation soit clarifiée. Une manière pour la plus grande centrale syndicale du pays de rejeter la transition militaire tout en appelant àun dialogue inclusif.

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Dialoguer oui, mais "le dialogue ne doit pas servir de prétexte et de moyens pour légitimer l'arnaque, pour légitimer les abus et les coups d'Etat", ajoute le porte-parole du Groupe d’action pour l’alternance au Tchad.

Pour Joe Al Kongarena, la vigilance doit être de mise: "il ne faut pas être dupe en ce moment parce qu'il y a une volonté claire de confisquer le pouvoir. Il suffit de regarder la charte du Conseil militaire de transition. Il n'y a aucun mécanisme qui limite le pouvoir du président du CMT. Il n'y a aucune disposition qui dit qu’à l'issue de la transition, cet enfant de Déby va partir et que les choses vont rentrer dans l'ordre."

Le Groupe d’action pour l’alternance au Tchad demande enfin que la lumière soit faite sur la mort violente du président Idriss Déby Itno. 

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