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Procès du 28 septembre, dissensions au sein de la défense

4 novembre 2022

L'aide de camp Toumba Diakité n’a pas cessé de désigner ses coaccusés comme responsables du massacre du 28 septembre. Ce qui a divisé les avocats de la défense.

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Le public attend l'ouverture du procès du 28 septembre.
11 militaires tous proches du capitaine Moussa Dadis Camara sont jugés à Conakry.Image : Souleymane Camara/REUTERS

Les avocats de la défense avaient pourtant conclu un pacte de non-agression au début du procès. Mais celui-ci n'a pas résisté au passage de Toumba Diakité à la barre. Après 7 jours d’interrogatoire, il est resté campé sur sa position : Moussa Dadis Camara est le donneur d'ordres du massacre au stade du 28 septembre et Moussa Tiegboro Camara ainsi que Marcel Guilavogui, neveu de Dadis, les exécutants. Ce qui lui valut une pluie de questions de la part des avocats de ses coaccusés. Créant ainsi une déchirure au sein de la défense.

Maitre Lancinet Sylla l’un des avocats de Toumba parle d’acharnement contre son client.  "Monsieur Toumba n’est pas renvoyé ici pour des questions liées à la sécurité du président Dadis. Il est là pour des faits d’assassinats de meurtres d’enlèvements de séquestration. Mais on ne pose pas de question par rapport à ces faits.  Des questions lui sont posées relativement à la sécurité du président Dadis. Donc c’est pour vous dire qu’ils sont passés à côté de la plaque", regrette l'avocat

Des membres des forces de sécurité se tiennent dans une rue avant le procès de onze hommes accusés d'être responsables du massacre et du viol collectif de manifestants.
Tout le monde attend désormais la comparution de Moussa Dadis Camara. Image : Souleymane Camara/REUTERS

"Toumba ne dit pas la vérité"

L’un des avocats du capitaine Moussa Dadis Camara, la burkinabé Antoinette Nongoba Ouédraogo, après son face-à-face avec l’ancien aide de camp de son client, dit ne rien croire de toutes ses déclarations.

Elle s'indigne que Toumba ne reconnaisse pas les procès-verbaux "souvent il dit que ce n’est pas lui qui a signé. Il ne connait pas les rapports d’enquête internationaux. Pour lui, les commissions d’enquêtes nationales ou internationales sont des personnes inféodées." 

Des personnes identifient les corps des victimes de la manifestation du 28 septembre violemment réprimée à Conakry.
Plus de 150 personnes ont été tuées le 28 septembre 2009.Image : Toure Babacar/dpa/picture alliance

"Toumba nous a sauvés"

De Washington, Mouctar Diallo président des Nouvelles forces démocratiques, qui était au stade le 28 septembre 2009 a donné sa version des faits. "Monsieur Toumba nous a demandé de le suivre. Avec lui, nous sommes descendus de la tribune. Durant ce long et difficile trajet, nous avons été blessés par des coups de crosse, de botte et de poing d’hommes en uniforme armés. Monsieur Toumba dissuadait ceux qu’il voyait nous agresser", peut-on lire sur sa page Facebook et dans la presse en ligne. 

"Je ne peux pas affirmer que le Commandant Toumba Diakité est impliqué ou non dans les crimes commis le 28 septembre2009, mais je ne l’ai pas vu agresser quelqu’un et il nous a sauvés", écrit Mouctar Diallo un peu plus loin dans son témoignage.

Un témoignage qui confirme quelques déclarations de Toumba Diakité. Le procès reprendra lundi 7 novembre avec la comparution d’un quatrième accusé.