Une assemblée parlementaire franco-allemande // Fruits et légumes régionaux à Berlin pour protéger la planète

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Ce premier Vu d'Allemagne de l'année 2019 vous emmène à Berlin, où une association incite à manger plus de produits régionaux pour éviter la consommation de produits venus de l'autre bout de la planète, mauvais pour l'environnement. Dans ce magazine aussi, explications sur l'assemblée parlementaire franco-allemande qui sera créée ce mois-ci.

Au pays des saucisses ou du kebab, la part des végétariens, ceux qui ne mangent pas viande, ne cessent de grimper. Résultat : il est devenu tendance de manger des avocats du Mexique à Berlin, du Quinoa du Pérou à Stuttgart ou des légumes chinois à Dresde. Des aliments qui viennent de très loin, par avions, par bateaux, sur les routes, les rails et dont l'empreinte carbone finale n'est pas très bonne pour la planète.

Pour remédier au problème, à Berlin, une association prend les choses en main. L’association Slow Food propose des alternatives régionales à ces "super-aliments". Ses membres proposent des ateliers pour faire redécouvrir aux Berlinois ce qui pousse à coté de chez eux. Tablier autour du cou, couteau dans une main, et micro dans l'autre, Aimie Elliot vous emmène découvrir un de ces ateliers à Kreuzberg. 

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Une assemblée parlementaire franco-allemande

C'est une première dont l'accord final portant sa création doit être signé le 22 janvier prochain, date symbolique de la signature du premier traité d'amitié franco-allemand, dit traité de l'Élysée, en 1963. L'assemblée parlementaire franco-allemande regroupera alors 50 députés allemands, issus du Bundestag, et 50 députés français, issus de l'Assemblée nationale. Cette assemblée doit, dès le premier semestre 2019, sièger au moins deux par an, alternativement en France et en Allemagne. 

Pour en parler cette semaine, Vu d'Allemagne reçoit Christophe Arend. Député de la République en Marche en France, le parti d'Emmanuel Macron, il préside le Groupe d'amitié parlementaire France-Allemagne et revient sur cette assemblée. "Elle devra d'abord servir au suivi de la mise en application des traités entre la France et l'Allemagne", explique-t-il. "Nous ferons aussi le suivi du conseil de sécurité franco-allemand, du conseil des ministres, et nous réfléchirons ensemble à la transposition des directives européennes pour qu'elles aboutissent au même résultats dans les deux pays", développe Christophe Arend. 

Deutschland | Christophe Arend, franzözischen Abgeordnete (LREM) im DW Interview

Christophe Arend estime que la France et l'Allemagne doivent renforcer la construction européenne.

Directives européennes

S'achemine-t-on alors vers une nouvelle instance pour en contrôler d'autres qui existent déjà ? Le député français assure que non. "On a pour vocation de mettre à table des Français et des Allemands de différents courants, de les laisser prendre des délibérations, et à eux ensuite de les transformer en résolutions dans leurs assemblées respectives". Le but est notamment de transformer les directives européeenes de façon identique dans le droit allemand et le droit français, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui. 

Quel poids pour "le couple franco-allemand" ? 

50 Jahre Élisée-Vertrag

À l'aube de cette nouvelle assemblée, Christophe Arend revient également sur le rôle de la France et de l'Allemagne au sein de l'Union européenne. "Pendant plus de trois siècles, la France et l'Allemagne se sont battues pour des ressources, jusqu'à ce que des gens intelligents décident de se mettre en commun, pour gérer le charbon et l'acier", rappelle-t-il. "On est en paix depuis 73 ans désormais, et il faut donc aller un cran au-dessus, que l'Europe résolve les problèmes du quotidien, et intervienne positivement dans le quotidien des citoyens français, allemands, mais aussi pour les pays autour", estime-t-il.

Le "couple franco-allemand" aurait donc, selon le député français, toujours un rôle primordial en Europe. L'actualité récente a cependant montré combien les intérêts des deux pays étaient parfois éloignés. Des différents affichés lors des discussions autour d'une éventuelle "armée européenne", sur les questions de baisse des émissions de CO2 ou encore la taxation des Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon).

"Sur l'armée commune par exemple, on voit que les choses évoluent. Cela prend du temps, il faut tenir compte des opinions publiques, des différentes cultures, mais il faut construire, c'est indispensable", estime Christophe Arend. "Un pays seul ne peut plus faire face à la Chine, la Russie ou les Etats-Unis. Mais à 500 millions d'européens, cela est possible", conclut-il. 

À noter que des élections européennes sont prévues du 23 au 26 mai prochain dans toute l'Europe afin d'élire les 705 députés du Parlement européen. 

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